pensee

Que reste-t-il aujourd’hui de l’exploitation des mines de plomb et de zinc du  » Bleyberg  » ? des cendrées…

Cela semble dérisoire et pourtant les scories provenant du traitement des minerais extraits du Bleyberg principalement au 19e siècle constituent un peu l’image de marque de ce petit village de l’extrême Est de notre pays.

Position historique du sujet

 

Les haldes calaminaires de Plombières constituent un des derniers vestiges de l’exploitation minière à Plombières.

  • Les bâtiments de l’usine ont presque totalement disparu à l’exception de l’ancienne centrale électrique de l’usine.
  • Les souvenirs aussi s’estompent dans les mémoires au fur et à mesure que les derniers mineurs et enfants de mineurs décèdent.
  • Les traces écrites (plans de galeries,documents d’exploitation,collections de minerais ) existent encore ça et là, mais sans réelle garantie de leur conservation.

terril L’exploitation du plomb et du zinc s’est terminée à la fin de la première guerre mondiale. Dans les années soixante, ce site industriel à l’abandon était devenu un terrain d’aventures pour les enfants du quartier, un circuit de moto-cross où se déroulaient des compétitions locales, jusqu’au jour où les propriétaires de ces terrains ont décidé de  » valoriser  » ce qui pouvait l’être.

  • Destruction des vieux bâtiments de l’usine pour la récupération des matériaux.
  • Vente des cendrées à un entrepreneur local qui voulait les utiliser comme fond de route, base de terrassement de constructions,..

Nous sommes en 1985 et une poignée de citoyens, le groupe ECOLO en l’occurrence, pressent les dangers d’une opération sauvage, s’oppose énergiquement à l’exportation des cendrées du site. Ce même groupe fait réaliser une étude toxicologique des cendrées auprès de l’institut agronomique de Gembloux et de La Reid. Vu la teneur énorme de ces résidus en métaux lourds (plomp,zinc,cadmium), des propositions alternatives sont formulées afin :

 

    • -d’éviter l’érosion éolienne en dehors du site

 

    • -d’éviter la pollution de la Gueule par ruissellement

 

    -de protéger de façon authentique la flore et la faune spécifiques de ce site, reconnues comme étant du plus grand intérêt scientifique.

Ces propositions consistent en :

  1. Remodelage modéré des terrils.
  2. Réensemencement de plantes calaminaires pour stabiliser le sol.
  3. Constitution d’une réserve naturelle.

A la demande de la région wallonne, le service communal de Belgique réalise un plan de réhabilitation du site. Mais le groupe ECOLO constate le caractère peu approprié d’un projet consistant à planter une forêt après avoir nivelé et ajouté une couche de 50 cm. de terre. Une nouvelle version du plan apparaît plus acceptable. Entretemps, la commune arguant d’un souçi de protéger la population par rapport à la toxicité de la zone, demande une modification des plans dans le but d’agrandir la zone à reverdurer. Les scientifiques de l’UCL, affolés par ce nouveau plan qui compromet totalement la préservation du biotope lancent un cri d’alarme. La commune concède alors une réduction de 16000 à 8000 mètres carré comme zone à reverdurer. Les travaux sont entrepris sur le site, mais pas toujours avec une extrême mesure : mare

  • Les marais(d’un type rare dit oligotrophe c’est à dire alimentés par la nappe phréatique) sont remodelés et pelletés sans ménagement par de gros engins;ils demeurent actuellement encore fort altérés.
  • Le site de reverduration en surplomp va désormais se drainer dans les marais ; il a été en outre amendé par des quantités importantes de boues d’épuration (eutrophisation ou asphyxie de l’eau).
  • Les opérations de nivellement des terrils compromettent la réimplantation future de flore calaminaire de par leur trop grande planéité
  • Un des marais a été carrément rebouché malgré les demandes de l’ASBL  » Ardennes et Gaume « ,les pelouses calaminaires l’entourrant étant passées au bulldozer.

 

conclusion

 

La version actuelle de la zone préservée et constituée en réserve naturelle est de 5 hectares, c’est très peu en regard des 30 hectares de site calaminaire initial.L’entièreté du site minier est d’ un haut intérêt biologique.

Il reste d’importantes surfaces colonisées naturellement par la végétation qui sont intégrées dans le nouveau parc de Plombières ; il est impératif de les maintenir dans leur état actuel , de préserver certains vestiges de l’exploitation (rangées de culots de fonderie, anciens pavages de la voie ferrée,..)et de limiter la circulation sur le site. Les recouvrements des sentiers avec des résidus d’asphalte laissent encore présager des projets d’aménagement inappropriés.

Il est urgent pour l’avenir de la vallée de la Gueule de concevoir des projets d’aménagement qui soient concertés avec les autorités scientifiques dès qu’un intérêt biologique est soupçonné.

Une réelle politique d’aménagement du bassin de la Gueule est à élaborer en concertation avec les régions voisines (plan Euregio Meuse -Rhin).carte

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